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Le décès d’un époux est une épreuve douloureuse, souvent suivie de questions complexes sur la succession. Quels sont vos droits sur le patrimoine de votre conjoint décédé ? Pouvez-vous rester dans le logement familial ? Devrez-vous payer des droits de succession ? Vos enfants héritent-ils en même temps que vous ?

Ce guide fait le point sur les droits du conjoint survivant en 2026. Il distingue les droits civils — ce que vous héritez — et les droits fiscaux — ce que vous payez.


Les droits civils du conjoint survivant : ce que vous héritez

Les droits du conjoint survivant dans la succession dépendent de deux facteurs principaux : la présence ou non d’enfants, et l’existence ou non d’un testament.

En présence d’enfants communs

C’est la situation la plus fréquente. Le conjoint survivant a le choix entre deux options (article 757 du Code civil) : l’usufruit de la totalité des biens, ou la pleine propriété du quart de la succession.

L’usufruit permet de rester dans le logement et de percevoir les revenus des biens (loyers, dividendes…). Le conjoint n’en est pas propriétaire. La nue-propriété revient aux enfants, qui deviennent pleinement propriétaires à son décès. La pleine propriété du quart est moins courante. Elle convient au conjoint qui préfère disposer librement d’une partie du patrimoine plutôt que d’en gérer l’usufruit.

En présence d’enfants non communs (enfants d’un premier lit)

Ici, la règle change. Si le défunt avait des enfants d’une union précédente, le conjoint survivant ne peut opter que pour le quart en pleine propriété (article 757-1 du Code civil). L’usufruit lui est fermé. Cette règle protège les enfants du premier lit contre une trop longue attente de leur héritage.

En l’absence d’enfants

En l’absence de descendants, le conjoint survivant hérite selon la configuration familiale :

  • En présence des deux parents du défunt : le conjoint reçoit la moitié de la succession, chaque parent recevant un quart.
  • En présence d’un seul parent : le conjoint reçoit les trois quarts, le parent survivant recevant un quart.
  • En l’absence de tout parent et de tout descendant : le conjoint hérite de la totalité de la succession.

Le droit au logement : une protection spécifique

Le conjoint survivant bénéficie de deux droits relatifs au logement familial, indépendants de sa part dans la succession.

D’abord, l’article 763 du Code civil accorde au conjoint un droit temporaire au logement : pendant un an à compter du décès, il peut continuer à occuper gratuitement le logement constituant la résidence principale du couple, qu’il lui appartienne ou qu’il soit loué. Ce droit est d’ordre public : aucun testament ne peut le supprimer.

Ensuite, le droit viager au logement (article 764 du Code civil) : le conjoint peut demander à conserver l’usage et l’habitation du logement familial jusqu’à sa mort. Ce droit s’étend au mobilier le garnissant. Il doit être prévu par la loi ou par le testament, et le conjoint doit le revendiquer dans l’année suivant le décès.


Les droits fiscaux : l’exonération totale des droits de succession

C’est l’un des avantages les plus importants du statut de conjoint survivant en France. Depuis la loi TEPA du 21 août 2007, le conjoint survivant ne paie aucun droit de succession, quelle que soit la valeur des biens hérités.

Cette exonération bénéficie également au partenaire de PACS. En revanche, les concubins n’en bénéficient pas. L’administration fiscale les taxe à 60 % au-delà d’un abattement de seulement 1 594 €.


Comment optimiser les droits du conjoint survivant dans la succession

Plusieurs outils permettent d’aller au-delà des règles légales.

La donation entre époux (ou « donation au dernier des vivants ») est la plus utilisée. Elle permet d’étendre les droits du conjoint — par exemple, opter pour une quote-part en pleine propriété plus importante, ou conserver l’usufruit même en présence d’enfants non communs, dans certaines limites.

Le testament peut aussi prévoir des legs spécifiques au conjoint survivant, dans la limite de la quotité disponible et sans porter atteinte à la réserve héréditaire des enfants.

Enfin, le régime matrimonial joue un rôle décisif. Une communauté universelle avec clause d’attribution intégrale permet de transmettre l’intégralité du patrimoine au conjoint survivant à la première mort, sans ouverture de succession.


Ce qu’il faut retenir

Le conjoint survivant bénéficie de droits civils importants dans la succession — usufruit ou quart en propriété selon la configuration familiale —, d’une protection spécifique sur le logement familial, et d’une exonération totale de droits de succession. Une donation entre époux, un testament ou le choix du régime matrimonial peuvent renforcer ces droits. La situation est significativement différente pour les concubins, qui ne bénéficient d’aucune protection légale en matière de droits de succession.


FAQ — Conjoint survivant et succession

Peut-on déshériter le conjoint ? Non. La loi protège le conjoint survivant en tant qu’héritier. Même en présence d’un testament, on ne peut pas lui supprimer ses droits minimums : il conserve au minimum le droit temporaire au logement pendant un an, ainsi que ses droits légaux dans la succession.

Le conjoint doit-il payer des droits de succession sur l’héritage reçu ? Non. Le conjoint survivant (et le partenaire de PACS) est totalement exonéré de droits de succession depuis 2007, quelle que soit la valeur des biens.

Que se passe-t-il si le défunt n’avait pas fait de testament ni de donation entre époux ? Les règles légales s’appliquent. En présence d’enfants communs, le conjoint choisit entre l’usufruit total ou le quart en propriété. Ce choix doit être exercé dans un délai raisonnable — la jurisprudence conseille de ne pas attendre trop longtemps pour figer la situation successorale.

Le conjoint hérite-t-il si les époux étaient en instance de divorce ? Non. Si le divorce a été prononcé définitivement avant le décès, le conjoint divorcé n’est plus héritier. Si la procédure était en cours et que le divorce n’était pas prononcé, le conjoint conserve ses droits successoraux — ce qui crée parfois des situations délicates.

Le concubin a-t-il les mêmes droits que le conjoint ? Non. Le concubin n’est pas héritier légal et ne bénéficie d’aucune exonération fiscale. Pour lui transmettre des biens, il faut nécessairement rédiger un testament (dans la limite de la quotité disponible) et accepter une taxation de 60 % au-delà de 1 594 €. La solution optimale pour les concubins est souvent l’assurance-vie.

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