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Le Plan d’Épargne Retraite séduit de plus en plus d’épargnants. Pourtant, peu d’entre eux savent ce que devient leur PER au décès, ni comment il s’articule avec la succession. En effet, le sort de ce produit dépend de sa nature, de la clause bénéficiaire et de l’âge du titulaire. Ainsi, le lien entre PER, succession et décès soulève des questions fiscales et civiles déterminantes. Toutefois, des règles claires encadrent ce mécanisme. Voici donc un point complet sur le traitement du PER au décès, afin de transmettre sereinement votre épargne retraite à vos proches.

Le PER au décès est-il hors succession ?

La réponse dépend avant tout de la nature du contrat. En effet, il existe deux grandes familles de plans. D’une part, le PER assurantiel, souscrit auprès d’un assureur. D’autre part, le PER bancaire, ouvert sous forme de compte-titres. Or, leur traitement au décès diffère radicalement.

Le PER assurantiel échappe à la masse successorale. Ainsi, comme l’assurance-vie, le capital se transmet directement aux bénéficiaires désignés dans la clause, en application de l’article L. 132-12 du Code des assurances. Par conséquent, ces sommes ne passent pas par le partage successoral classique. En revanche, le PER bancaire ne comporte aucune clause bénéficiaire. Dès lors, sa valeur intègre la succession et se répartit entre les héritiers selon les règles habituelles. Cette distinction commande toute la suite du raisonnement.

Concrètement, le sort du PER au décès et dans la succession ne se résume donc pas à une règle unique. En effet, deux plans identiques en apparence peuvent suivre des chemins fiscaux opposés. C’est pourquoi il faut d’abord identifier la nature exacte de votre contrat. Pour le savoir, vérifiez auprès de votre gestionnaire si votre PER relève d’un assureur ou d’un établissement bancaire. Cette simple vérification conditionne toute votre stratégie de transmission.

La clause bénéficiaire du PER : comment la rédiger

La clause bénéficiaire constitue le cœur du dispositif pour un PER assurantiel. En effet, une seule phrase décide du sort de votre capital. Par conséquent, sa rédaction mérite la plus grande attention.

D’abord, désignez vos bénéficiaires de façon nominative, ou utilisez une formule standard éprouvée. Ainsi, la mention « mon conjoint, à défaut mes enfants nés et à naître, vivants ou représentés, à parts égales » sécurise la transmission. En outre, prévoyez toujours un bénéficiaire de second rang. De cette manière, le capital ne retombe pas dans la succession si le premier bénéficiaire décède avant vous.

Surtout, évitez la formule « mes héritiers légaux ». En effet, cette rédaction fait entrer le capital dans la masse successorale et lui fait perdre son régime fiscal avantageux. Par ailleurs, pensez à mettre à jour la clause après un divorce ou le décès d’un proche. Enfin, le démembrement de la clause, avec l’usufruit au conjoint et la nue-propriété aux enfants, offre souvent une optimisation appréciable pour les couples.

Anticipez également le prédécès d’un bénéficiaire. En effet, lorsqu’un bénéficiaire disparaît avant le titulaire, la mention « vivants ou représentés » permet à ses propres enfants de recueillir sa part. À défaut, le capital glisse vers le rang suivant de la clause, par exemple « à défaut, mes enfants ». Toutefois, sans bénéficiaire vivant ni mécanisme de substitution, le capital réintègre la succession. Dès lors, il perd l’essentiel de ses avantages fiscaux. C’est pourquoi une relecture régulière de la clause demeure indispensable, notamment après chaque événement familial.

La fiscalité du PER au décès

Voici le point le plus mal compris. Contrairement à l’assurance-vie, la fiscalité du PER assurantiel dépend de l’âge du titulaire au jour du décès, et non de l’âge au moment des versements. Cette différence change tout.

Décès avant 70 ans : le régime favorable

Lorsque le titulaire décède avant 70 ans, le prélèvement de l’article 990 I du CGI s’applique. Ainsi, chaque bénéficiaire profite d’un abattement de 152 500 €. Au-delà, la part taxable supporte un prélèvement de 20 % jusqu’à 700 000 €, puis 31,25 %. Par conséquent, une clause comportant plusieurs bénéficiaires multiplie d’autant les abattements disponibles.

Prenons un exemple concret. Ainsi, un titulaire décédé à 65 ans laisse 400 000 € à ses deux enfants. Dès lors, chacun reçoit 200 000 €, profite de l’abattement de 152 500 €, puis acquitte 20 % sur 47 500 €, soit 9 500 €. Par conséquent, la note fiscale reste très allégée par rapport aux droits de succession classiques.

Décès à partir de 70 ans : un régime plus lourd

Lorsque le décès survient à 70 ans ou plus, l’article 757 B du CGI prend le relais. Dès lors, un abattement global de 30 500 € se partage entre l’ensemble des bénéficiaires, tous contrats confondus. Au-delà, le capital est soumis aux droits de succession classiques, selon le lien de parenté. Surtout, retenez une nuance majeure : pour le PER, tant le capital que les gains sont taxés, contrairement à l’assurance-vie où seules les primes le sont.

Le conjoint et le cas du PER bancaire

Le conjoint marié et le partenaire de PACS bénéficient d’une exonération totale (article 796-0 bis du CGI), quel que soit l’âge au décès. En revanche, le PER bancaire ne profite d’aucun abattement spécifique : sa valeur subit les droits de succession ordinaires. Notons enfin que la loi de finances pour 2026 a supprimé la déductibilité fiscale des versements effectués après 70 ans. Toutefois, les régimes applicables au décès, eux, restent inchangés.

PER et réserve héréditaire : précautions à prendre

Le PER assurantiel échappe en principe à la réserve héréditaire. En effet, le capital transmis hors succession n’entre pas dans le calcul de la part réservée aux enfants. Ainsi, vous pouvez théoriquement avantager un proche au-delà de sa vocation successorale habituelle.

Toutefois, cette liberté connaît une limite essentielle. En effet, les héritiers réservataires peuvent contester les versements jugés « manifestement exagérés » au regard des facultés du souscripteur (article L. 132-13 du Code des assurances). Dès lors, le juge apprécie au cas par cas l’âge, le patrimoine et l’utilité réelle de l’opération. Par conséquent, des versements disproportionnés risquent une réintégration dans la succession, puis une réduction.

De plus, le PER bancaire entre directement dans la succession. Il est donc pleinement soumis aux règles de la réserve héréditaire, sans aucune protection particulière. C’est pourquoi un équilibre s’impose entre l’ambition de transmettre et le respect des droits des réservataires. Une analyse personnalisée évite ainsi les contentieux familiaux.

Notons enfin une articulation utile. En effet, le PER se combine souvent avec d’autres outils, comme l’assurance-vie ou la donation. Ainsi, une stratégie cohérente répartit la transmission entre plusieurs enveloppes complémentaires. De cette façon, chaque proche profite d’un cadre fiscal adapté, tout en préservant l’équilibre entre les héritiers. Par ailleurs, l’âge du titulaire et le calendrier des versements pèsent lourdement sur le résultat final.

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